Les années 50’s : introduction

Les années 50’s auraient dû être une décennie d’abondance et de reconstruction ordonnée marquant la fin des privations subies au sortir de la guerre. Mais le président Truman n’avait pas anticipé la venue du rock’n’roll, ce cri de révolte lancé entre 1955 et 1957 par tous les laissés pour contre des cités en pleine mutation, et qui ébranla les fondements même du monde occidental. Il n’est donc pas étonnant que cette rébellion ait été perçue comme un acte de trahison intolérable par les gardiens de l’ordre moral…

Alors que la guerre froide s’installait et divisait Hollywood entre bons et méchants, l’émergence de rock’n’roll infligea à l’Occident une sévère migraine. L’Amérique avait déjà été confrontée à ce vacillement des valeurs morales suite à l’introduction de l’alcool et du sexe au cinéma. Mais rien ne fut plus menaçant pour l’ordre que le rock’n’roll, ce soi-disant primitivisme sauvage, porte-parole des aspirations d’une jeunesse en soif d’affirmation, mettant sur le devant de la scène des questions épineuses relatives à la race et à la sexualité.

Il est clair qu’un Elvis Presley n’avait rien d’un Frankie Laine ! Ses tempos – qui transformaient les jeunes femmes en épaves hystériques et poussaient les jeunes hommes à traîner devant les salles de cinéma et les milk bars – défiaient dangereusement ce swing civilisé qui berçait la société depuis tant d’années.

Le rock’n’roll marqua les 50’s, mais son émergence liée à une forte croissance de l’industrie du disque, favorisa un élan d’intérêt pour les « musique des bas fonds ». Le rythm’n’blues urbain et la musique hillbilly du sud est des États-Unis fleurissaient sur les ondes des radios spécialisées, et de nombreux labels indépendants firent en sorte de satisfaire la demande. Des cercles plus confidentiels privilégiaient le folk politisé de Woody Guthrie et le cool jazz, incarné par le trompettiste Miles Davis dans Birth of the Cool.

Mais le coeur de la scène musicale restait occupée par les crooners et les interprètes de balades, de l’opportuniste et aseptisé Tin Pan Alley*, dont Frankie Avalon et Ricky Nelson. À la fin de la décennie, les idoles des minettes semblaient avoir dénaturé le rock’n’roll avec leurs versions édulcorées du genre. La révolution de rock était donc soi-disant terminée…

*Tin Pan Alley est le surnom de la musique populaire américaine de la fin du XIXᵉ siècle jusqu’au milieu du XXᵉ siècle

Geraldine

Fan de concerts cover et de rock, je vous fais découvrir au fil des pages mes groupes cover préférés et mes humeurs musicales...