Radiohead, un groupe atypique...

Radiohead, ou l’un des groupes les plus atypiques

Les débuts

Officiellement, le groupe Radiohead est né en mars 1992. Mais à cette date là, la formation de Oxford a déjà signé chez EMI, sous le nom de On a Friday. Un groupe de quatre amis de lycée (qui répétait… le vendredi soir) Thom Yorke (chant), Phil Selway (batterie), Colin Greenwood (basse) et Ed O’Brien (guitare)… rejoint très vite par le petit frère de Colin, Jonny.
A l’époque, le groupe fait des concerts dans des pubs, mais tous les membres bossent à côté. Seul Jonny est encore étudiant. C’est Colin, alors vendeur chez un disquaire, qui ouvre les portes du succès en donnant une démo de son groupe à un représentant de Parlophone venu dans le magasin. Le groupe signe le 21 décembre 1991.

Le succès de Creep

Après quelques morceaux qui ne font pas l’unanimité (Drill, Inside my head et Lurgee), Radiohead casse la baraque avec Creep, sorti le 21 septembre 1992. Le phénomène Creep prend de l’ampleur. Le single ressort en Grande-Bretagne un an plus tard, il est diffusé en boucle sur toutes les ondes des radios universitaires aux Etats-Unis.

Si l’album dont il est tiré, Pablo Honey, ne séduit pas les critiques (le groupe avouera plus tard avoir été très désappointé par la critique mitigée parue dans les Inrocks, dont l’avis importait pour eux), le groupe commence à subir les pressions de l’industrie du disque. Les concerts s’enchaînent. Le groupe se libère grâce aux répétitions du prochain album, The Bends, sorti en 1995. C’est ce second album qui révèlera vraiment Radiohead au public. Des titres comme Just ou My Iron Lung sont diffusés régulièrement à la radio. Et cette fois, la critique se réjouit. Le groupe a trouvé son rythme avec le producteur Nigel Godrich. L’album est beaucoup plus recherché musicalement, les mélodies sont moins redondantes. Bref, The Bendsest leur premier album abouti.

Trop de succès…

Néanmoins, ce n’est que deux ans plus tard, avec Ok Computer, qu’ils explosent la baraque. Paranoid Android, morceau fleuve aux ruptures musicales multiples, est un carton, de même que le très bizarre et angoissant Karma Police. Là encore, Radiohead doit enchaîner les dates. Leur tournée durera plus d’un an et les entraînera partout dans le monde, des Etats-Unis au Japon, où ils sont idolatrés.
Mais les cinq musiciens ne sont pas faits pour la vie de rock star et supportent mal leur nouveau statut. Le groupe est au bord de l’explosion. Thom Yorke porte un regard ironique sur cette carrière et le pouvoir qu’on voudrait leur conférer. Le groupe préfère garder la tête sur terre, quitte pour cela à se mettre en marge un certain temps.

C’est l’heure du break pour Radiohead. Trois ans de silence radio avant la sortie de Kid A. Mais les cinq musiciens en ont profité pour s’épanouir,accepter la célébrité tout en restant eux-mêmes, des gars simples mais des purs génies de la musique. Ils maîtrisent tout. Leur perfectionnisme leur permet d’obtenir le meilleur d’eux-mêmes. Et si Kid A déstabilise le public, les fans et les curieux restent au rendez-vous. Kid A est l’album de l’ouverture à d’autres musiques, électro et jazz, mais surtout la volonté affichée du groupe de faire ce qui leur plait. Tous préférent faire la musique qu’ils aiment plutôt que de vendre des millions de disques.
Neuf mois plus tard, en juin 2001, Amnesiac sort. Un album controversé, car issu des mêmes sessions d’enregistrement Kid A, et à ce titre considéré comme une suite plutôt que comme un nouveau travail de recherche musicale.
Mais le groupe continue de faire ce qui lui plaît et de faire ses concerts à guichet fermé.

Vers la sérénité et la sagesse…

La transformation est flagrante pour qui suit le groupe depuis ses débuts : sur scène, le groupe semble enfin prendre du plaisir. Des concerts comme ceux de Vaison la Romaine (2001) ou Arles (2000) sont chargés d’émotion et le groupe déborde de communicativité quand, en 1997, ils apparaissaient fermés et hermétiques à leur public. En 2001, le groupe a enfin trouvé son équilibre. La sérénité leur permet de sortir un album phare, Hail to the thief, qui assimile toutes leurs pérégrinations musicales depuis Pablo Honey : de la pop au jazz en passant par l’électro, tout leur va. Radiohead est désormais inscrit au panthéon du rock anglais et les médias non spécialisés leur foutent la paix. C’est le début d’un mythe?

La diversité de Tom Yorke

De par sa stature planétaire et son esprit d’expérimentation, Radiohead en est venu à influencer des groupes reconnus, tels que Coldplay, Placebo ou Muse. Entre autres exemples de reprises de leurs titres, Christopher O’Riley enregistrera deux albums revisitant leurs morceaux pour piano solo et le jazzman Brad Mehldau inclura dans un de ces albums sa propre version d’« Exit Music (for a film) ». Certains professionnels font également appel au groupe pour divers projets : Jonny Greenwood a, par exemple, composé la B.O. du film Bodysong en 2004, quant à Thom Yorke, il a participé à plusieurs autres albums, comme celui de Björk en 2001.

Un groupe athypique

Musiciens à part entière, honnêtes, passionnés, chacun des membres de Radiohead possède son propre univers. En perpétuelle évolution musicale, ce groupe, somme toute assez discret, réussit toujours à susciter l’intérêt sans s’attacher à une recette particulière de succès. Surprenant par le renouvellement de ses audaces artistiques, Radiohead étonne aussi en proposant, en octobre 2007, le téléchargement aux internautes pour la somme de leur choix de leur septième album studio, In Rainbows. Une première suivie d’une mise en vente dans le circuit traditionnel.

Le dernier album

Il y a quelques mois maintenant, Colin Greenwood lâchait un “c’est dans l’air” pour évoquer la possibilité d’un nouvel album de Radiohead. Il précisait d’ailleurs: “Thom vient juste de rentrer de sa tournée avec Atom For Peace, et il a un peu de temps. Je suis désolé d’être vague… mais tout ce que je peux vous dire c’est que nous sommes heureux, positifs, et dans l’attente d’une prochaine aventure.”

C’est par la bouche de son frère Jonny Greenwood que les choses se précisent aujourd’hui. Le guitariste (entre autres) confirme dans une interview donnée au Nashville Cream, que Radiohead “se retrouvera à la fin de l’été” pour réfléchir au nouvel album. Il précise également : “Nous sommes un animal qui se déplace lentement, nous l’avons toujours été. J’imagine que nous déciderons à ce moment là quoi faire ensuite”.
Il y a trois ans sortait The King of Limbs, suivi d’une tournée de presque deux ans. On comprend donc que les membres de Radiohead aient eu besoin d’un break et qu’ils en aient profité pour se consacrer à leurs projets respectifs.
Doucement mais sûrement donc, Radiohead avanca vers son neuvième album…

Source : Destination Rock et LesInRocks

Géraldine

Radiohead – Street Spirit (album The Bends 1996), l’une de mes chansons préférées du groupe…

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